L'oeil de Jeremy

16Juil/18Off

Touche espagnole

Eh non, il ne sera pas question ici d'Emmanuel Macron, mais de Donald Trump, un président vraiment unique en son genre. Lors d'un colloque à Madrid, j'ai beaucoup parlé de lui avec des collègues. Et nous étions tout simplement hallucinés par les derniers événements qui ont eu lieu aux Etats-Unis. Aucun président américain ne s'est tiré de telles balles dans le pied, et ce en aussi peu de temps !
Pour ceux qui auraient la mémoire courte ou n'auraient pas suivi, Trump a pour commencer congédié Jim Comey de son poste de directeur du FBI, et ce sans pouvoir justifier clairement son geste (mais par un hasard extraordinaire, l'homme enquêtait sur les liens possibles entre Trump et la Russie). Il a eu ensuite la langue un peu trop pendue de Trump avec le chef de la diplomatie russe : le président a en effet partagé des informations secrètes. Israël avait pourtant expressément demandé que ces informations ultrasensibles ne soient pas partagées avec les autres pays alliés (et surtout pas avec la Russie !). Et pour finir, il y a ce mémo de Comey, qui nous apprend que Trump a demandé mi-février qu'on clôture l'enquête du FBI sur son ex-conseiller à la Sécurité Nationale... pour ses possibles accointances avec la Russie ! La Russie a décidément pignon sur rue, dans l'administration Trump, et cela commence à se voir. Du coup, chez nos voisins, c'est le chaos le plus total. Et un impeachment n'est désormais plus une chose impossible.
En sommes-nous déjà là ? Pas encore. Mais les congressmen de la Chambre des Représentants ont aujourd'hui des raisons suffisantes pour initier une procédure d'impeachment. Et le républicain Jason Chaffetz a exprimé qu'il obtiendrait le mémo de Jim Comey coûte que coûte.
Pour autant, l'impeachment est encore loin d'être évident. Il faut en effet qu'une majorité de la Chambre s'accorde pour lancer une telle procédure, et jusque-là, les leaders républicains y sont largement opposés. Cela dit, cela pourrait changer du jour au lendemain s'ils voient le milliardaire comme un problème pour les législatives en fin d'année prochaine.
En tout cas, j'ai été conquis par ce colloque: l'organisation y était vraiment aux petits oignons. Voici l'agence à laquelle nous avons fait appel, pour ceux que ça intéresse ! Pour plus d'informations, allez sur le site de de l'organisateur du séminaire entreprise en Espagne et trouvez toutes les infos.

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4Juil/18Off

Le repli anglais

« Je veux récupérer mon pays » – le refrain souvent scandé par les Brexiteers – trahit l’importance du sentiment nationaliste dans le référendum du 23 juin 2016 sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union Européenne. C’est un nationalisme populaire à la fois ethnique et civique, caractérisé par un désir de renforcer les frontières contre les migrants et de consolider le pouvoir des institutions nationales face aux institutions supranationales. Une analyse des résultats du référendum démontre que ceux qui partagent les sentiments « nationalistes » – que leur appartenance politique soit de gauche ou de droite – avaient plus tendance à voter pour quitter l’UE. Il y a également une corrélation étroite entre le fait de s’identifier comme « anglais » ou « plus anglais que britannique » et le fait de voter en faveur du Brexit. Ce vote peut se comprendre ainsi comme un vote de rébellion populaire contre l’internationalisme, comme une tentative de protéger une identité anglaise contre la mondialisation. De prime abord, la réponse de la Première ministre Theresa May semble aller à l’encontre de cette vague nationaliste. Elle a explicitement rejeté l’isolationnisme de son pays, mettant en avant la vision d’un Royaume-Uni ouvert sur le monde (« Global Britain ») : « Le résultat du référendum ne représente pas une décision de se replier sur soi et de se retirer du monde. Car l’histoire et la culture britannique sont profondément internationalistes ». C’est une approche qui se fonde sur les relations du passé – notamment celles du Commonwealth – mais qui cherche également à forger de nouveaux liens avec les pays comme la Chine et le Brésil. Elle se présente donc comme moderne et prospective. Pourtant, à de nombreux égards, c’est une vision qui prône un retour vers un passé grandiose, réinstituant le Royaume-Uni dans son rôle de puissance d’envergure mondiale. Loin de contrer le nationalisme, la posture internationaliste des conservateurs risque de le renforcer.

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